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| 01-12-2003 09:15:41 | Salut, C'est Bob ! - Editeur : Rédaction Un grand merci à vous tous de nous avoir soutenu avec autant de ferveur tout au long de notre Transat Jacques Vabre. Mon site a eu plus de 6 000 visites depuis notre départ le 1er Novembre, et ça, ça me fait chaud au cœur. J'étais plutôt réticent à ce genre de moyen de communication... Me voilà convaincu. Je suis heureux d'avoir pu vous faire vibrer à notre rythme, et de vous avoir contaminé au virus de la mer ! Vos messages d'encouragements nous ont beaucoup touchés, et notre réussite devient un peu la vôtre ! L'aventure est terminée, mais mon retour à la terre ferme ne signe pas la mort du site, rassurez-vous. Je vous tiendrai informés régulièrement de tous mes projets, qu'il s'agisse de course au large ou de projets professionnels, je ne vous abandonne pas. Et, si vous voulez revivre les moments forts de cette transat, vous n'aurez qu'à cliquer sur le bouton "archive Transat Jacques Vabre 2003", tout est conservé. Pour ceux qui auraient envie de découvrir les sensations de la navigation sur de grands voiliers avec équipage, n'hésitez surtout pas à contacter Sail Corporate, agent Etoile Marine Croisières, à qui je tire un grand coup de chapeau en tant qu'artisan de mon site web. Nous vous embarquerons à bord de nos grands voiliers, pour un séjour inoubliable, que ce soit dans un cadre professionnel ou ludique, pour les jeunes ou les moins jeunes, pour un week-end ou plus, en course ou en croisière... Mon but : vous offrir la mer telle que je la connais et telle que je la vis. Avis aux amateurs, ou aux connaisseurs. Sur ces bonne paroles, encore merci, et bon vent !!! |
| 29-11-2003 20:56:49 | Une Jacques Vabre, sinon rien ! - Editeur : Rédaction Nul doute que pour ce loup de mer aguerri, cette Transat Jacques Vabre s'inscrit dans ses plus beaux souvenirs de mer. Fier de sa fille, il est séduit par les capacités qu'elle a su valoriser. Ses sentiments face à cette traversée sont multiples, mais de tous se dégage la satisfaction d'y être arrivé, et d'avoir été classé. Pour nous plaire, à travers ces quelques questions, Bob nous confie ses sentiments. Bob, avant le départ du Havre ton pronostic tablait sur 21 à 22 jours de traversée, contrat rempli ? "A une journée près, oui. C'est la journée que l'on a perdu au départ en s'arrêtant à Roscoff. J'avais dit aussi que les premiers seraient 5 jours devant nous, ça a été une journée aussi en plus, mais c'est vrai qu'il y a eu cette porte qui s'est refermée après les Canaries et la moitié de la flotte est restée engluer et cela aurait pu être le contraire. Et du coup ils ont augmenté leur avance. C'est comme ça la course au large." As-tu trouvé cette traversée difficile ? "Pas difficile, mais longue. D'habitude on sait qu'en novembre on a toutes les chances d'avoir du près jusqu'au Cap Finistère et puis ensuite, en général, on descend le long du Portugal au portant. Dès le départ on nous a dit que c'était du près jusqu'à Madère. Donc on a bien rallongé notre route, pratiquement jusqu'au Canaries. Puis on a manqué de vent. Donc on peut pas dire dure mais longue et usante par manque d'alizé soutenu." Cette Transat Jacques Vabre a été conforme à tes espérances ? "Si je retrace l'image de cette course, mes regrets sont d'être partis avec un bateau de 60 pieds sans avoir eu le temps de l'apprendre, d'approfondir la navigation avec un bateau ballasté. En fait, on l'a découvert pendant la course. Si on repartait aujourd'hui, on irait certainement plus vite... Dommage pour l'avarie de safran, mais là aussi c'est la course. C'est pas plus mal que cela nous soit arrivé à hauteur de Roscoff car notre équipe technique a pu être sur place très vite. Donc dans notre malheur... Mon dernier regret c'est d'avoir manqué de voiles de portant. Le spi était inutilisable et c'est un peu de ma faute par manque de budget car je ne voulais pas partir avec des dettes ! Le spi a été livré la veille du départ et nous n'avons donc pas eu le loisir de l'essayer et le guindant s'est avéré trop grand. On a donc pas pu s'en servir et on a fini peu glorieusement sous genacker, tout cela par manque de budget mais dans ces cas là il faut faire des choix de voiles et je n'ai pas fait le bon." Penses-tu avoir été au bout de tes capacités ? "Si cette course repartait demain on pourrait gagner 2 jours. Je n'ai eu aucun problème de santé. On a beaucoup manœuvré, on a eu un bon routeur et on est passé là où il fallait passer. A part une nuit où, sans doute par fatigue, on est parti dans l'ouest sur 35 milles, cela a été. Mais à chaque fois on s'est accroché, la preuve puisque l'on est revenu sur 60ème Sud par 2 fois, réussissant à lui reprendre 100 milles. Et il est arrivé seulement 3 heures avant nous à Salvador. Mais j'avais dit qu'il y avait trois courses : celle des 60 pieds de la dernière génération et des gens dont c'est le métier, ceux du milieu de tableau avec des bateaux un peu plus anciens et nous avec Tir Groupé, 60ème Sud, Objectif 3 et Ciments Saint-Laurent. On est donc globalement à notre place." Es-tu prête à te relancer dans l'aventure ? "Oui si j'ai un bateau et un budget conséquent." Que penses-tu ton co-skipper, Servane ? "C'était ses premières armes en course océanique. Elle n'avait pas d'expérience des 60 pieds, comme moi. Mais j'ai tout de même trois Route du Rhum à mon actif. Elle a été courageuse, elle s'est fort bien débrouillée. Servane a montré de réelles capacités à être co-skipper dans cette course. On s'aperçoit que ces bateaux sont physiques et que les petits gabarits ont donc du mal, que c'est pas simple. Après les manœuvres nous étions épuisés. Mais on s'est bien complété, elle a vu ce qu'était la course au large et elle a bien tenu le coup." Cette traversée t'as t-elle rapproché de Servane ? "Non, nous étions déjà très proches l'un de l'autre. C'est une aventure que l'on s'était promis de vivre. Nous y sommes arrivés et l'objectif a donc été atteint, même si on aurait pu pousser un peu plus le bateau, on aurait peut-être aussi cassé. Donc prudence, on lève le pied car le but fixé était d'arriver de l'autre côté avec un bateau en bon état. On a en tout et pour tout perdu une manivelle de winch. On a gardé notre esprit marin." Est-ce que tu peux nous dire si il t'es arrivé d'avoir peur ? "La deuxième nuit de course, Servane était attaché avec son harnais en pied de mât pour une manœuvre. Elle s'est retrouvée sous le vent de la trinquette qui faceillait, prise dans l'écoute. J'ai pas hésité, je suis passé à l'avant du bateau et d'un coup de couteau j'ai coupé sa longe. La deuxième frayeur, c'était dans le Golfe de Gascogne. On s'est retrouvé en route de collision avec un cargo qui à priori ne nous avait pas vu et on s'est retrouvé très très près de lui." Ta plus grande joie ? "Des nuits fabuleuses, étoilées comme je n'en avais jamais vu. Des dauphins bien sur à tout va, et puis des belles images comme notre arrivée sur Salvador avec une bonne brise et un bel accueil, on retrouve les gens que l'on aime..." Bob, de l'émotion sur cette Transat Jacques Vabre ? "Ca restera les dernières heures de course parce que tant que tu n'as pas passé la ligne, chaque mille qui nous en rapproche est une émotion. Quand on a vu la pointe qui ouvre sur l'arrivée à Salvador, avec Servane on s'est dit que même si on devait démâter maintenant on tirerait le bateau avec les dents !" Bravo mister Bob ! |
| 28-11-2003 00:05:49 | Du rêve à Bahia !! - Editeur : Rédaction Après quelques jours de décompression sur les plages Brésiliennes, Servane nous livre à froid ses émotions. Déjà nostalgique, elle réalise à quel point la magie de la course au large la possède désormais. Malgré de vraies frayeurs, de terribles angoisses et d'indomptables coup de stress, elle est prête à repartir. Pas tout de suite, la vie normale doit reprendre son cours, mais elle sait que son destin est dorénavant définitivement lié aux océans. "Petite" il y a un mois, son nom s'inscrit maintenant parmi celui des grands. Un beau parcours pour cette jeune femme... Servane, avant de partir tu disais que tu te sentais toute petite. Est-ce que tu as le sentiment d'avoir grandi après ces 3 semaines de course ? "En fait, j'ai vécu des situations que je connaissais pas. Quand tu es dedans, tu y vas, tu apprends. Mais je me suis rendu compte que j'avais encore des millions de choses à apprendre. Tu ne sais pas le quart du dixième du centième ! En mer, mais dans la voile et le bateau en général, tu apprends à gérer une situation. Et ça, cela n'a pas de prix car quand tu es à terre, c'est tout bon. C'est dur physiquement, psychologiquement. A terre, quand tu vis un moment difficile, tu peux toujours dire "j'arrête". En mer, c'est pas toi qui décides du moment où tu t'arrêtes. Techniquement tu peux être prête, même si tu ne sais jamais quand cela peut casser. On ne peut pas prévenir certaines situations, on est pas maître et c'est pour cela que l'on doit être bien préparé." As-tu trouvé cette traversée difficile ? "En mer, tu gardes les bons moments. Là cela fait 3 jours que nous sommes arrivés et je ne me souviens que des bonnes choses. Mais si je me remémore la course, c'est clair que la première semaine a été dure. Au départ ça allait, mentalement j'étais préparée. Quand on a entendu le Mayday de Georges Leblanc, ça m'a fait quelque chose car deux jours avant on était ensemble au Havre. En plus on faisait la course avec les mêmes vieux bateaux et on se dit, si ça nous arrive... Et puis après tu rentres dans le rythme, tu oublies, tu t'habitues au bateau qui tape, et qui tape, encore et encore. Et puis il y a eu l'arrêt à Roscoff. Une fois à quai, la pression est un peu retombée pour céder la place à l'appréhension car on te dit que tu vas repartir dans des creux de 8 à 10 mètres. Là ça a été dur psychologiquement mais je n'ai rien dit à Bob, je voulais être à la hauteur." Cette transat a été conforme à tes espérances ? "Complètement conforme à l'idée que j'en avais. Je suis pas déçue, je savais que certains moments seraient pénibles, difficiles, mais c'est pas la première fois que je vis ça. La seule différence c'est que le soir tu ne t'arrêtes pas au port, il faut continuer." Penses-tu avoir été au bout de tes capacités ? "Je pense que tu les repousses toujours un peu plus. Mais il ne faut quand même pas oublier que j'étais avec mon père, que j'avais quelqu'un sur qui je pouvais m'appuyer. Donc la question de la limite ne se pose pas. Je ne suis pas toute seule, il y a un chef et c'est un très bon, c'est mon père !" Es-tu prête à te relancer dans l'aventure ? Oui, deux fois oui. Mais c'est bizarre car je n'ai pas forcément envie de repartir en course tout de suite. Je ne veux pas griller les étapes, je ne suis pas encore assez forte. J'ai encore des milliers de choses à apprendre. Je sais que je suis nulle en préparation, je n'y connais rien en moteur, en réparation de toutes sortes... Et puis pour bien courir il faut être capable de préparer son bateau. A part cela, la course en double c'est génial humainement. Cela permet de progresser, tu fais beaucoup de choses toute seule mais tu sais aussi que tu peux compter sur l'autre." Cette traversée t'as t-elle rapprochée de Bob ? "Je ne dirais pas ça comme cela, plutôt réconfortée. Ce mot me va mieux. On a vécu des choses en commun inoubliables, des coups durs, des moments très forts. Je ne voulais pas le décevoir." Est-ce que tu peux nous dire si il t'es arrivé d'avoir peur ? "Oui. Une nuit, on déboulait à 14 nœuds et l'alarme du radar sonnait à bloc. Il faisait noir, vraiment noir, on y voyait rien et tu sais que quelque part il y a un cargo ou autre chose qui est par là, près de toi. Et l'alarme qui ne s'arrête pas, même si je ne peux pas te dire si cela a duré 2, 3 ou 4 heures c'était interminable. C'est flippant !" Ta plus grande joie ? "Il n'y en a pas eu qu'une. Mais je me souviens la fois où on a fait une vacation au téléphone, on était aux Canaries et je t'ai dit qu'on était à 19 nœuds, un super moment de voile. Et puis le passage de l'Equateur a été grand. Tu passes dans l'hémisphère sud, avec ton père... La musique à bloc, tu n'es jamais venu si bas, une sensation de bien-être t'envahie ! Et puis l'arrivée, juste avant de passer la ligne, on était encore que tous les deux. Super." Servane, de l'émotion sur cette Transat Jacques Vabre ? "Juste avant de quitter le bassin au Havre, j'ai embrassé tout le monde, mes copines, mes amis... et là ça te prend à la gorge. Et puis quand on a largué les amarres, tout ces gens sur les quais qui t'applaudissent, tu les connais pas mais ils sont avec toi, ça fait chaud au cœur..." A bientôt Servane... |
| 25-11-2003 19:12:52 | Carte postale de Bahia. - Editeur : Rédaction Après leur première nuit à terre, Bob et Servane ont repris contact avec la mer ce matin. Cette fois-ci ils n'étaient pas à bord d'Adecco mais dans les vagues de l'Océan Atlantique à savourer leur destination, Salvador de Bahia. "J'ai dormi comme un bébé. Une vraie nuit sans quart, mais j'ai tout de même réussi à prendre un ris dans les draps vers 3 heures du matin !" nous raconte Bob au petit-déjeuner. Au même moment, Servane revit sa course par procuration. "C'est génial. Je viens de lire tous les mails reçus sur le site pendant la course. C'est incroyable l'engouement des gens. Tous ces petits mots d'affection, ça me fait chaud au cœur." Nous n'en saurons pas plus pour aujourd'hui, mais c'est promis, ils vont tout nous dire dans les jours qui viennent sur leur aventure de père et fille. Au même moment, pas de répit pour les préparateurs. Depuis ce matin, Adecco est inspecté car dès jeudi il reprend la mer avec Augustin et Xavier à son bord pour le convoyage retour vers Saint-Malo. Pour Arnaud qui ne sera pas du voyage, le bateau est impeccable après 4500 milles de traversée, et ce malgré ses 11 ans d'âge. Au programme des hommes de l'ombre, changement de la garde robe (remplacement des voiles de course en carbone par des voiles de convoyage), avitaillement, pleins d'eau et de gasoil, météo, douanes, formalités administratives... et puis le grand saut à nouveau pour tenter d'arriver avant les fêtes de Noël. |
| 24-11-2003 18:00:06 | Jour de gloire !!! - Editeur : Rédaction C'est à 11 heures 34 minutes très précisément (15h34 en France) que Bob et Servane ont franchi la ligne d'arrivée de la Baie de tous les Saints. Après 23 jours et 34 minutes de mer, l'équipage d'Adecco a franchi la ligne d'arrivée à Salvador de Bahia en douzième position, retrouvant la terre ferme au Brésil. Jusqu'au bout, Bob et Servane se sont battus contre la montre, tentant au gré du vent de grappiller le moindre petit mille les séparant de 60ème Sud. Jusqu'à la dernière minute, ils auront donné de leur être pour arriver à relever le défi qu'ils s'étaient fixés : "arriver au bout, sans rien casser". Le seul pari qu'ils pouvaient décemment relever l'a été avec succès : ils seront classés. Bob et Servane sont euphoriques. Encore prisonniers de l'ivresse du large, ils sont heureux d'être arrivés, d'avoir réussi à surmonter toutes ces épreuves ensemble, de retrouver leurs proches, de nous avoir fait frémir au rythme de leur transatlantique... Emotions, rires, embrassades, joie sont au rendez-vous à Salvador de Bahia. La fatigue est oubliée et le comité d'accueil fait honneur aux Escoffier, la fête les guette, les amis sourient, et au milieu de tous, Bob et Servane ont le regard un peu vague, émus au milieu de tous leurs proches. Le glas a sonné, c'est la fin de cette merveilleuse aventure à l'arrière goût de nostalgie. Et, on aimerait beaucoup entendre Servane murmurer : "Dis Papa, c'est quand qu'on y retourne ?" |
| 23-11-2003 17:22:18 | L'attente... - Editeur : Rédaction Veillée d'arme à Salvador pour Françoise. Le vent est tombé depuis le lever du jour et chacun se demande si les positions vont se maintenir. Quand Bob et Servane vont-ils franchir la ligne d'arrivée ? Cette nuit, demain matin, ou bien l'après-midi ? Et Adecco, va t-il prendre l'ascendant sur 60ème Sud ? Et ce satellite qui ne donne plus sa position depuis le dernier relevé de 10h44 GMT. "Ces dernières 24 heures sont stressantes. On a tous envie qu'ils soient là mais on ne sait pas quand. Bob vient de m'appeler, ils n'ont plus de genacker qui a rendu l'âme cette nuit. Ils marchent 5 nœuds et sont encore inquiets pour les derniers milles de course." Alors Françoise s'occupe pour tuer le temps. Enfin, façon de parler car demain soir elle a prévu une fête pour accueillir ses héros. Et pour bien faire les choses, elle aimerait que tous les concurrents de la classe soient là. Après leur lutte acharnée sur l'eau, les marins aiment à se retrouver pour boire un verre. Et ici cela ne manque pas avec la caipirinha, boisson aux saveurs locales ! Au même moment, les fidèles préparateurs Xavier et Arnaud scrutent la mer et effectuent des relevés de vent pour alimenter Hervé Laurent. On se prendrait presque au jeu d'une régate de l'America's Cup ! Alors faites vos pronostics. Ici à Salvador, les paris sont ouverts. L'enjeu ? Une tournée de caipirinha !! |
| 22-11-2003 19:32:22 | On met le turbo !! - Editeur : Rédaction A environ 400 miles de la ligne d'arrivée, Bob et Servane décuplent leurs forces et ne relâchent pas la pression. Salvador n'est plus très loin et leur motivation s'accroît. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Et le rythme qu'ils s'imposent est en train de payer. Au pointage de 17h00 GMT, Adecco navigue 2 nœuds plus vite que 60ème Sud. Ces dernières 24 heures, Bob et Servane leur ont repris plus de 60 miles. S'ils maintiennent cette allure, ils devraient franchir la ligne d'arrivée en gagnant une place au classement, à la onzième position, reléguant 60ème Sud à plus d'une heure. Autant dire qu'à bord on ne lâche rien car cela va être serré. A la vacation de ce matin, Bob ne cachait pas son enthousiasme. "Là on va bien, on est à 12 nœuds. Le vent a forci et le bateau tape un peu mais on a tellement envie d'arriver que les douches sur le pont importent peu." Même son de cloche du côté d'Hervé Laurent, routeur. "Leur moyenne est bonne. On sent la motivation de l'arrivée à bord d'Adecco. Il va y avoir une petite molle sur la fin, ce qui va les obliger à manœuvrer jusqu'au bout. Mais si tout va bien, ils devraient être à Salvador de Bahia dans la nuit de dimanche à lundi, vers 1 heure du matin heure locale". A terre on s'active. Arrivés au Brésil hier soir, Françoise, Xavier, Arnaud, Augustin, Perrine... tous les proches sont là pour les accueillir. En attendant on croise les doigts et à moins d'un problème technique, Bob et Servane devraient finir cette Transat Jacques Vabre avec les honneurs. |
| 20-11-2003 19:17:17 | Beaujolais Nouveau arrivé, Château Margaux dégusté ! - Editeur : Rédaction Après leurs multiples débâcles et embûches surmontées avec succès les Escoffier père et fille ont pu jeter un sort au château Margaux 87 qui les narguait depuis plus de 20 jours. Si la traversée ne peut que laisser un souvenir impérissable à Servane, Bob a tout de même tenu à célébrer le passage de l'équateur dune manière digne de ce nom. L'ivresse d'être sorti de la galère accompagne la saveur de ce Bordeaux, bouteille de vin symbolique pour franchir le degré zéro. Servane est aux anges. "A 10 h12 , on a franchi l'équateur, moment de bonheur à bord... Première fois pour tous les deux. On a donc comme prévu, ouvert la seule bouteille du bord, bouteille qui nous avait été offerte lors de notre départ. Puis on s'est baptisé, la journée est donc très sympa, le bateau est motivé et nous aussi !" Le Pot au Noir fait désormais parti du passé, et prend sa place dans les archives du souvenir. Bob et Servane ont le mérite de s'être battus bravement jusqu'au dernier grain. "On a vécu une nuit d’horreur, avec des grains, un vent de plus de 30 nœuds, des manœuvres... Bref du grand Pot au Noir" déclare Bob. Désormais, l'unique préoccupation de nos skippers est d'être classés. "On se bat pour arriver avant lundi dans la nuit. On est au près, il y a 30 nœuds de vent, et le moral des troupes est bon". Servane nous énumère les ingrédients de la réussite en somme. Depuis la fin de la matinée, Adecco fait route directe vers Bahia avec une vitesse optimale oscillant entre 10 et 11 nœuds. La confiance règne à nouveau à bord, alimentée par les prédictions optimistes d'Hervé Laurent. Le vent est sensé se stabiliser en force et en direction, Bob et Servane devraient donc arriver à temps pour être classés. Si le pire n'est jamais certain, le meilleur n'est-il pas toujours à venir? |
| 19-11-2003 19:56:47 | Bob et Servane englués... - Editeur : Rédaction Dans la nuit du 17 au 18 Novembre, Bob et Servane ont fait leur entrée dans le territoire du vide de l'Atlantique. Depuis, ils avancent péniblement, et de manière irrégulière. Le lieu semble vouloir faire honneur à sa réputation. L'affrontement des alizés Nord-Est et des alizés Sud-Est rend la zone instable, variable, très nuageuse avec des vents allant de 0 à 30 nœuds. Sous les cumulonimbus, la turbulence est très forte, la visibilité réduite, les pluies diluviennes et le vent n'apparaît souvent que sous forme de rafales violentes. Appréhendé par tous les marins, le Pot au Noir s'applique à déstabiliser nerveusement nos skippers. Des conditions idéales pour perdre confiance en soi, et baisser les bras. Témoignage de Servane : "C'est le bordel, on avance pas, ca passe de 0 à 30 nœuds dans tous les sens. On a une pluie battante depuis ce midi et on voudrait sortir de ce Pot au Noir, mais c'est bouché et pas de ciel bleu à l'horizon. Le ciel est noir comme en début de nuit, tellement c'est chargé." L'objectif à ne pas perdre de vue consiste désormais à franchir la ligne d'arrivée avant mardi 25 Novembre 5h 18 minutes et 5 secondes TU. Et le moral Servane ? "Le pire pour nous est de penser que cela va devenir dur pour arriver avant la fermeture de la ligne. Du coup on ne serait pas classé, et ça, ça nous met le moral dans les chaussettes. On continue de se battre, mais la chance n'est pas de notre côté." Bob n'est plus sûr de rien non plus. "Ce n'est pas du tout gagné, il faudrait que le vent se stabilise et forcisse pour que nous avancions à 9 nœuds de moyenne environ. On a tout essayé, mais rien y fait... Quand ça veut pas, ça veut pas." Maigre consolation, à ce jour la moitié des monocoques 60 pieds est encore en mer. 60ème Sud et Tir Groupé subissent eux aussi les caprices du Pot. Adecco n'est donc pas le seul bateau englué. Le course contre la montre a commencé, égrenant sournoisement les minutes. Mais leur routeur Hervé Laurent se veut un peu plus optimiste. "Ils devraient avoir déjà un vent un peu plus fort cette nuit, mais surtout à partir de demain matin, 10 nœuds Est, Sud Est. Le vent de SE bien établi ne sera sur eux que vendredi matin. Ensuite jusqu'a l'arrivée, c'est du SE 15 nœuds avec une molle sur l'arrivée, lundi. Je ne suis pas inquiet pour l'arrivée avant la fermeture de la ligne, à condition qu'ils soient prêts à se faire un peu mal les derniers jours en se relayant à la barre, en matossant au maximum sur le pont et en n'hésitant pas à tirer sur le bateau qui accroche facilement les 10 nœuds dans ces conditions." Rien n'est perdu, bien au contraire ! |
| 18-11-2003 16:55:06 | Vacation avec le PC Course. - Editeur : Transat Jacques Vabre Vacation de Bob en début d'après-midi avec le PC Course de la Transat Jacques Vabre. "Le bilan ? Ben comme tu as pu le voir on a fait beaucoup de près, quasiment jusqu'à Madère. Donc beaucoup de près pour descendre, et ensuite des alizés plutôt un peu mous. Nous, on est rentré dans le Pot au Noir cette nuit. On a eu nos premiers grains, mais pas beaucoup, deux cette nuit..." |
| 18-11-2003 10:20:43 | Virbac avec un "V" comme vainqueur - Editeur : Rédaction A 6 heures 18 minutes et 5 secondes ce matin heure française, Virbac a franchi la ligne d'arrivée de la Baie de tous les Saints en vainqueur des monocoques 60 pieds. Depuis la nuit du 6ème au 7ème jour de course, Virbac mène la danse et n'a plus jamais laissé aucun voilier le doubler. Virbac succède ainsi à Sill vainqueur de l'édition 2001. Passer d'un 10 mètres à un 60 pieds, de la course en équipage à la course au large était un challenge très ambitieux. Jean-Pierre Dick l'a relevé avec succès, et il ne cache pas sa fierté. "Ce bateau que l'on a construit l'année dernière est un bateau qui va vite. Et humainement, je me sens dans le coup. J'éprouve beaucoup de fierté à arriver devant des grands noms de la voile tels que Mike Golding, Isabelle Autissier, Bernard Stamm, ou encore Mike Birch... J'avais des atouts un peu différents des autres mais apparemment ce sont de bons atouts quand même." Pour leur première participation à une grande course au large, Jean-Pierre Dick et Nicolas Abiven signent leur première grande victoire avec un temps de course de 16 jours 15 heures 18 minutes et 5 secondes, à une vitesse moyenne théorique de 10,87 nœuds. Jean-Pierre Dick est aujourd'hui le plus heureux des hommes. Cette course représentait beaucoup pour lui, et depuis sa blessure sur la dernière Route du Rhum, il était en manque de compétitions. "Aujourd'hui on surprend un peu. C'est énormément de bonheur, de satisfaction. On avait une réelle motivation sur cette course, et je ressens une très grande fierté de battre, au moins pour cette fois, des marins très connus." Le Vendée Globe Challenge se profile déjà dans son esprit et il pressent qu'il sera attendu au tournant sur cette course. Il sait qu'il doit accroître ses capacités, se maintenir au niveau pour les prochaines épreuves. Rien n'est jamais acquis, mais aujourd'hui c'est lui le meilleur... La ligne d'arrivée de la course sera fermée sept jours après l'arrivée de Virbac, soit le 25 Novembre à 5 heures 18 minutes et 5 secondes... |
| 17-11-2003 19:36:30 | Songe d'une nuit de Novembre. - Editeur : Rédaction A la barre, sagement, Servane songe à ce qu'elle est en train de vivre. Atmosphère sereine et tranquille. Lorsque soudain, un coup au bas du dos l'arrache à cette douce torpeur. Surprise, elle se retourne, cherche son agresseur... Personne ! Etrange. Un petit temps de réflexion, et au sol, elle découvre un poisson volant, de la taille d'un maquereau. Une chance pour lui que sa route ait croisé celle de la jeune fille. "Pas facile de l'attraper pour lui rendre sa liberté. Ce n'est pas le premier à nous rendre visite, mais lui aura plus de chances que d'autres. Ayant croisé mon chemin à temps plutôt que celui de Bob, il aura pu retrouver ses potes ou bien ses petits..." Ses intermèdes de sauveteuse ne l'empêche pas d'être un peu frustrée de sa vitesse. Mais sans spi, avec un genacker usé et sans réel alizé, il est impossible d'aller plus vite. Peut-on lutter contre les éléments sans armes adéquates ? "On appelle Eole désespérément, mais je crois que ce dernier est en grève cette année." De toutes façons, rien n'entamera sa bonne humeur, elle l'a décidé dès le départ. Cette transat elle la savoure et dévore intensément chaque instant. Et on sent que la curiosité s'immisce tout doucement en elle. L'aura du Pot au Noir commence à déteindre sur notre benjamine qui avoue être sous l'emprise d'une certaine appréhension. Scrutant les éléments, elle a hâte de découvrir cet endroit légendaire. "On approche maintenant du Pot au Noir. Quel est ce fameux endroit dont tout le monde dit se méfier ? Depuis ce matin, le ciel est perturbé, chargé, et les nuages sont tous de formes différentes et dansent de plus en plus vite !" Patience jolie Servane, bientôt tu sauras de quoi il retourne et tu pourras nous expliquer, à nous simples terriens, quel étrange endroit tu as traversé... A 17h00 GMT, Adecco fait route au 199, par 7°46'56 N et 24°25'32 W, à une vitesse de 9,3 nœuds, à 1512 milles de l'arrivée. |
| 17-11-2003 11:38:19 | La complémentarité des générations. - Editeur : Rédaction Jacques Delsault, directeur marketing d'Adecco France, érige en emblème l'histoire de la Transat Jacques Vabre des Escoffier, et fait d'eux les figures symboliques de la philosophie Adecco. De ce fait, son implication dans la course déborde du simple rôle de sponsor, la dimension humaine de la course prime. "Avec Bob et Servane, il s'agit de véhiculer à travers une belle aventure des valeurs qui sont celles d'Adecco, engagement, combativité, esprit d'équipe... Ce qui me marque, c'est la complémentarité des générations. Je pense que Bob et Servane préfigurent le monde du travail de demain. Dans quelques années, sur le marché du travail, les jeunes manqueront et les plus anciens seront amenés à aider les plus jeunes à entrer dans le monde du travail. Du haut de ses 54 ans, Bob initie sa fille de 22 ans à l'esprit transat." Depuis plus de 6 ans, les liens entre Adecco et Bob se sont consolidés et ont permis de concrétiser sa présence au départ de cette Transat Jacques Vabre. Conquis par cet accompagnement de générations dans le cadre d'une course au large, Jacques Delsault engrange des moyens. Il souligne son implication dans la course par la mise en place d'un suivi attentif de l'évolution de celle-ci auprès de ses équipes, et de ses clients. Aujourd'hui il se félicite de son choix, estimant que Bob et Servane lui rendent amplement les investissements réalisés. "Ils ont réussi brillamment la première partie de cette transat qui s'est faite dans des conditions difficiles. De toutes façons, nous serons toujours là pour les aider en cas de difficultés, et on espère qu'ils arriveront à passer le pot au noir sans encombre!". Ravi de les accueillir à Salvador, le directeur marketing a hâte d'écouter le récit de leur aventure. Et s'il est encore trop tôt pour parler de futures transats entre ces deux hommes, il est clair que Jacques Delsault est satisfait des performances de son équipage. Ce matin, après plus de 15 jours de course, Adecco fait cap au 183 à une vitesse de 9,7 nœuds, positionné 09°02'56 N et 24°13'48 W, à 1583 milles de l'arrivée. |
| 15-11-2003 18:02:29 | Cap sur le Pot au Noir. - Editeur : Rédaction Bob et Servane viennent de laisser Maio sur tribord, l'une des 9 îles sous le vent du Cap Vert. Arrivés au petit jour sur l'archipel, notre équipage n'a pas beaucoup eu le temps d'admirer ces îles d'origine volcanique. Découvert en 1456 par les marins de la Couronne Portugaise, le Cap Vert est situé à 500 kilomètres au large des côtes sénégalo-mauritaniennes. De bons souvenirs pour Servane : "Au réveil, j'ai trouvé un poisson volant dans le cockpit. Comme j'étais pas d'attaque pour le petit-déjeuner, je l'ai remis à l'eau. Après, il y avait de beaux oiseaux noirs qui sont venus rôder autour du bateau, c'était marrant on aurait cru un dessin animé, mais je n'ai pas d'encyclopédie à bord donc je sais pas ce que c'était. Sinon ça va super bien, on passe la moitié du temps à la barre et l'autre sous pilote. Le bateau est toujours aussi physique à cette allure et j'ai les bras qui chauffent !" Avec un alizé toujours établit au Nord Est, Adecco fait route au sud à 10 nœuds, à 120° du vent. Pour Bob, les jours se suivent et se ressemblent : "On est en pleine forme, même si je manque un peu de sommeil parce que je laisse Servane dormir un peu plus longtemps la nuit. Le bateau va bien , pas de ragages dans le gréement donc de ce côté là ça va, même si j'ai du me faire 5 heures de couture sur le genacker qui en a un peu plein les bottes." Après un peu plus de 2500 milles de course, Bob et Servane se préparent pour le dernier passage délicat de cette Transat Jacques Vabre, le Pot au Noir. D'après Hervé Laurent, routeur du bord, ils devraient être sur zone dans la journée de mardi et en sortir jeudi 20 novembre au plus tard, changeant du même coup d'hémisphère. Dès lors ils devraient pouvoir faire route sur Salvador de Bahia sur un seul et même long bord de travers, avec des vents de Sud Est de 20 à 25 nœuds, allure beaucoup plus favorable pour Adecco qui devrait allonger la foulée. |
| 15-11-2003 12:28:42 | Le paradoxe du parrain. - Editeur : Rédaction Habitué aux côtés performance et médiatique du sport de haut niveau, Lionel Chamouleau dirige la rédaction des sports sur France Télévisions. Envahi quotidiennement par l'information, il reproduit la plupart du temps le syndrome des journalistes : parler des meilleurs, et c'est bien normal. Et pourtant, lorsqu'il est pressenti par la direction d'Adecco pour devenir le parrain du 60 pieds de Bob et Servane, il n'hésite pas une minute. "C'était pour moi un privilège d'être le parrain. J'ai tout de suite dit oui. D'une part parce que le monde de la voile m'attire, mais en plus à cause de ce couple original composé d'un père et de sa fille!". Conscient que la victoire ne résidera pas dans la remise d'un prix, c'est l'histoire de Bob et de sa cadette qui le séduit. Paradoxalement, il privilégie la dimension humaine de cette Transat Jacques Vabre à l'aspect compétition. "Je leur ai surtout demandé d'être prudent, et de bien terminer la course. J'ai été un peu inquiet pour eux lors de leur arrêt technique à Roscoff... Mais maintenant qu'ils se trouvent dans des latitudes plus clémentes, ils vont pouvoir se consacrer pleinement à leur course." En règle générale, la presse se rue sur les infos concernant les trois premiers et ignore complètement le sort des autres concurrents. Et, Lionel Chamouleau nous fait remarquer à juste titre que Bob et Servane ont largement brisé cette tendance. Avant leur départ, ils ont été très médiatisés et ce grâce à leur histoire. "C'est dommages de ne pas raconter l'histoire de tous les concurrents ! On est dans une course, il faut parler de ceux qui gagnent bien sûr, mais c'est aussi l'occasion de faire parler d'un équipage qui n'est pas forcément là pour gagner." Donner du rêve aux gens, leur faire vivre par procuration un superbe projet en mer, voilà le point fort des Escoffier. Cette aventure dans laquelle ils se sont embarqués fait "fantasmer" le grand public, et ça, c'est aussi beau que de gagner le premier prix... Grâce aux Escoffier la course bascule subtilement dans une autre dimension. "Il y a peu de compétitions sportives à l'occasion desquelles deux générations peuvent participer à la même histoire. Hormis le Paris-Dakar, je n'en vois pas d'autres. Et c'est ça qui est beau. De la terre, on les voit faire des ronds dans l'eau, mais on ne se rend pas compte de ce que c'est de se lancer un tel défi !" Voilà le paradoxe du parrain, un engouement démesuré pour une équipe qui à coup sûr ne remportera pas le premier prix, mais qui, au mieux, grappillera quelques places d'ici à Salvador de Bahia. Peu importe. Son soutien moral est inébranlable. Lionel ne met pas la pression sur les skippers, il les encourage à aller jusqu'au bout de leurs limites et de celles du bateau. Il a confiance en son équipage, et dans les performances du bateau, qui n'est certes pas le plus performant de la flotte, mais qui a déjà fait ses preuves auparavant. Et c'est avec entrain que Lionel les encourage à arriver vite à bon port pour faire partie de la fête à Salvador. "J'aimerais qu'ils se dépassent pour ressentir la joie de ne pas regretter de s'être donnés à fond. C'est donc le moment de ne pas faiblir, de rester au cœur de la course. Allez-y, foncez ! Tirez un maximum du bateau et de vous même. On croit en vous !!!" Ce matin, Adecco est au Cap vert en 12ème position, par 15°46'60 N et 22°45'16 W, à une vitesse de 9 nœuds, cap au 202, à 1978 milles de l'arrivée. |
| 13-11-2003 22:33:43 | "On fait notre course dans la course." - Editeur : Rédaction En début de soirée, liaison avec le téléphone Iridium du bord pour prendre des nouvelles : au pointage de 19h00 GMT, Bob et Servane avaient parcouru 265 milles ces dernières 24 heures. Le Cap vert est en approche pour demain, douzième jour de course. Plutôt satisfait Bob. "Ca pourrait être pire, on tient 10 nœuds de moyenne. Pendant la nuit on a bien galopé, bien barré, avec des surfs à plus de 21 nœuds. Là, on sait que l'on est pas loin de 60° Sud et on doit garder Mike à distance." Mais l'envers du décor, c'est la frustration de ne pas avoir toutes les cartes en main. "On découvre le bateau tous les jours, les réglages fins, ces réactions, et du coup il est clair qu'il nous manque cruellement un vrai spi pour mieux marcher en ce moment." La garde robe d'Adecco n'est pas aussi fournie qu'ils le mériteraient. Sur une transat Jacques Vabre, on a droit à toutes les allures pendant presque 3 semaines. Les voiles d'avant embarquées, nombreuses, correspondent chacune à un angle et à la force du vent : génois, trinquette, solent, genacker, spi, code E, et tout cela en différentes versions si possible : léger et lourd (entendez, pour le petit temps et la brise). Donc selon les jours, les conditions météo, la mer... il faut pouvoir toujours porter la bonne toile sinon le manque de vitesse se paie au fil des jours, en milles perdus sur les leaders. Et on a pas toujours toutes les bonnes voiles à bord. Question de budget ! "Mais bon, faut pas se plaindre, on a quand même le genacker qui nous sauve et si après le Pot au Noir, on touche les alizés avec du Sud- Est, Est, on pourra envoyer notre génois carbone, tout neuf puisqu'on a pas encore eu le loisir de le sortir." Le bateau va bien et la vie à bord est rythmée par des quarts de 2 à 3 heures. Les repas sont pris ensemble. On se met aussi en condition pour les jours à venir, un système météo instable est annoncé pour le passage de l'équateur. "A ces allures de portant, le bateau est physique à barrer. Avec son gabarit, c'est pas facile pour Servane. Mais bon dès qu'il y a de la brise, on va au charbon. Nous, de toute façon depuis le départ, on en a eu pas mal donc on sait pourquoi on est là, on fait comme prévu notre course dans la course. Tout ce passe bien." Au large de la Mauritanie, Adecco pointe en 12ème position, par 20°38'80 N et 20°46'08 W, cap au 195, à 2290 milles de l'arrivée. |
| 12-11-2003 20:52:06 | Vacation avec Hervé Laurent, "du Vert au Noir..." - Editeur : Rédaction Vacation ce soir avec Hervé Laurent, routeur du bord. Bob et Servane descendent vers le Cap Vert, cap au 193. Calé en douzième position, Adecco affiche 11 nœuds au large du sud Maroc et de la Mauritanie. Dans les jours qui viennent, ils vont devoir faire route pour se caler au mieux pour aborder la partie suivante de la course, celle du Pot au Noir. Interview... |
| 11-11-2003 19:07:49 | Vacation avec Servane, 10° jour de course. - Editeur : Rédaction Nous avons joint en fin de journée Servane qui faisait route au sud, laissant derrière eux l'archipel des Canaries. Toutes voiles dehors, surf à plus de 18 noeuds, super moral à bord pour tous les 2, la descente vers le Cap Vert est lancée. "J'ai un message à faire passer à tous les gens qui cliquent sur le site parce que c'est vraiment génial. On a des nouvelles de tout le monde grâce à ça..." |
| 11-11-2003 13:19:50 | Terre en vue... - Editeur : Rédaction Après une belle remontée depuis 48 heures, Adecco croise dans l'archipel des Canaries à faible allure mais Bob reste serein. "On est en train de passer entre Ténérife et Grande Canarie sous spi, mais les alizés se font toujours attendre. On a été au près jusqu'à hier soir et le vent a tourné dans la nuit. Il n'y a pas beaucoup d'air et comme on a qu'un spi lourd, on a du mal à le porter ce qui fait que notre vitesse s'en ressent. Je disais à Servane que depuis le temps que je viens aux Canaries en croisière avec des clients, je n'ai jamais connu ça. Sur la dernière Transat Jacques Vabre il y a 2 ans avec mon petit 50 pieds, j'étais à cette latitude depuis plus de 4 jours. C'est vrai que nous n'avons pas de chance, mais on prend notre mal en patience." Après plus de 9 jours de course, l’alizé est bien établi pour les leaders et les propulse encore plus en avant, les confortant pour le moment dans leurs positions. Virbac continue sa progression en tête de la course, avec 160 milles d’avance sur Sill et 197 sur Ecover. Mais la course est loin d'être terminée et un allié pour les poursuivants se profile devant le peloton de tête : le pot au noir... "Véritable territoire du vide" comme l’appelait les marins de l’ancienne marine à voile. Grains capricieux , vents imprévisibles, inconstants, parfois inexistants... une angoissante imprévisibilité règne dans cette partie de l'océan que vont bientôt atteindre les bateaux de tête. Combien de temps vont-ils y rester ? Qui sait, peut-être le temps d'attendre le reste de la flotte ! Servane est en pleine forme, même si le bateau n'avance pas assez vite à son goût. "Là on marche 6,6 nœuds, c'est pas génial mais on sait que ça va rentrer dans les prochaines heures. En attendant, on règle au mieux le bateau. On a une belle journée malgré tout, avec une température extérieure de 23/25 degrés. Je suis en T-shirt et c'est super de naviguer dans ces conditions, j'ai déjà oublié le gros temps." Fidèles à eux-même, les Escoffier ne se laissent pas abattre ! En attendant l'arrivée du vent, le moral est au beau fixe et notre équipage rentabilise cette navigation molle par la mise en place d'un atelier "rangement, bricolage, lavage" ! A ce jour, la flotte des 13 monocoques 60 pieds encore en course s'éparpille sur 590 milles... Adecco est le plus à l'est de la flotte mais la route de ce dernier semble payante. Pointés à 905 miles du leader Virbac, Bob et Servane réussissent à garder, voire à combler les écarts avec 60ème Sud et Loire Atlantique positionnés dans l'ouest de l'archipel, respectivement à 30 et 45 miles devant leur étrave. Tir Groupé est quant à lui dans leur sillage à plus de 125 miles. Au pointage de 11 heures GMT, Adecco est en 12ème position, par 28°28'48 N et 15°43'76 W, cap au 190, à 2834 miles de l'arrivée. |
| 09-11-2003 18:02:05 | Objectif alizés. - Editeur : Rédaction Après un peu plus de huit jours de course, les monocoques 60 pieds situés sous le 30ème parallèle commencent à prendre les alizés les uns après les autres. En tête de la flotte, Virbac accumule les miles d’avance sur Sill qui vient de ravir la 2ème place à Ecover. "Thank’s to God" les anglais Golding et Thomson ont eux aussi des problèmes techniques les obligeant à lever le pied. Depuis le départ, on réalise bien sur cette transat Jacques Vabre qu’en l'espace de quelques heures, une situation peut se métamorphoser en son contraire. Quant à notre grand bateau rouge, plus au nord des leaders, il navigue toujours face au vent, mais avec des moyennes plus élevées. "On a toujours le vent dans le nez, du sud, sud-ouest et donc toujours au près" nous annonce Bob cet après-midi. Adecco qui a pris une option Est depuis le Portugal, longe les côtes Marocaines : "Là on fait presque route directe vers l’archipel des Canaries que nous devrions traverser si tout va bien dans la nuit de lundi à mardi. Le bateau marche bien, paradoxalement mieux sous pilote à cette allure que lorsque nous barrons." Avec une vitesse moyenne de 9 nœuds, l’organisation à bord d’Adecco trouve son rythme de croisière. "Ca fait du bien d’être plus souvent dehors. On est tous les deux sur le pont pour les manœuvres et la nuit on fait des quarts de 2 heures." Les objectifs des prochains jours se dessinent : atteindre l’archipel des Canaries dans une trentaine d’heures, le Cap Vert d’ici vendredi pour ensuite lancer la grande traversée vers Salvador de Bahia. Si les calculs s’avéraient exactes, Bob et Servane devraient être au Brésil vers le 22 ou 23 novembre. D’ici là, ils attendent avec patience le moment d’envoyer leurs grandes voiles d’avant et lancer les long bords de portant. Actuellement 12ème, Adecco semble opter pour la politique du "Tout vient à point à qui sait attendre". A 15 heures GMT il se trouvait par 33°19’92 N et 12°15’24 W, cap au 160, à 3157 miles de l’arrivée. Le moral ? Et bien oui, toujours très bon ! |
| 09-11-2003 01:27:36 | Françoise, femme de marin. - Editeur : Rédaction "Après la grosse et méchante mer des premiers jours de course, il est évident qu'aujourd'hui j'ai moins d'inquiétude. Je les sens bien sur l'eau." Cette femme qui parle, c'est Françoise, la compagne de Bob. Etre femme d'un marin en mer, c'est ne pas laisser transpirer sa peur, mais la camoufler, la vivre discrètement. De retour à Saint-Malo, les journées de Françoise sont menées tambour battant chez Etoile Marine Croisières, la société de Bob. Une vie trépidante où il faut gérer les encours, s'occuper des clients, préparer le déplacement sur Salvador tout en restant disponible pour les "fans" à l'affût des nouvelles. "Allez donc regarder sur internet. J'en apprends là aussi !" leur dit-elle. Une vie rythmée par l'arrivée d'informations sur la Transat Jacques Vabre. Un tel a dématé, l'autre fait relâche... "Depuis le début de la course, ils sont en guerre" nous dit Françoise. Ces échos du bord, elle préférerait ne pas les avoir, et pourtant les silences seraient certainement plus lourds. Seule chez eux le soir, ses pensées battent la campagne, ou plutôt la mer... Dimanche dernier, à peine rentrée du Havre après le départ du monocoque rouge, le téléphone sonne. "Tu devrais essayer de joindre Roscoff, Adecco a été pris en remorque par la SNSM pour un problème technique. Je n'en sais pas plus." C'est Sylvie Viant, Présidente du Comité de course qui la prévient. Plan rouge. Xavier, préparateur, vient juste d'arriver à Nantes. Christian, Hervé, tout le monde se retrouve sur la route en moins d'une demi-heure. A minuit, ils accueillent Adecco à quai. C'est la désolation à bord. Lazy bags arrachés, trinquette bloquée, cockpit sans dessus dessous... "Quand on voit l'état du bateau, on se dit là ils ont pris essorages courts sur essorages, non stop !". C'est ça la vie d'une femme dont l'homme a pris la mer... Bob et Servane repartis en course, Françoise se met de nouveau entre parenthèses, et entre ses multiples tâches quotidiennes, elle s'acharne à les stimuler. "Je regarde les classements et quand je leur passe un mail ou un coup de téléphone sur le Mini-M je les aiguillonne, je leur dis qu'il faut aller chercher les autres devant. Avec Hervé Laurent, notre routeur, nous leur disons que c'est pas grave, que s'ils n'ont plus de pilotes ils n'ont qu'à barrer avec des quarts de 3 heures. Que bientôt le près serré ne sera plus qu'un souvenir. bientôt le genacker, le spi... C'est pas perdu, allez-y, foncez ! ". C'est Françoise. Elle est comme ça. Un don de soi total envers les personnes qu'elle aime. Elle démystifie brillamment la réputation pathétique de la femme de marin esseulée, déprimée, jalouse de cette mer qui lui prend son homme. "La mer une rivale ??? Pas du tout, c'est la passion de Bob. Je l'ai connu avec et c'est sans doute pour cela que je l'aime. Je l'admire pour ce choix. D'ailleurs je navigue et pourquoi pas une transat ! Je commence à comprendre ce que "se surpasser" veut dire. La mer vous donne tout mais elle ne fait pas de cadeau. Ca se mérite. Donc je n'ai aucune raison d'être jalouse." C'est ça la vie de Françoise. Il n'y a pas que la mer qui se mérite... N'est-ce pas Bob? Ce soir, Adecco pointait en 12ème position, par 35°56'28 N et 12°40'14 W, à une vitesse de 9 nœuds, cap au 187, à 3294 miles de l'arrivée. |
| 07-11-2003 23:24:39 | Analyse d'Hervé Laurent, routeur. - Editeur : Rédaction Vacation téléphonique ce soir à 22 heures GMT avec Hervé Laurent, le routeur de Bob et Servane. "Je me trouve à Lorient, dans mon PC d'observation météo, où je peux suivre, mile par mile l'évolution du bateau, des nuages et du vent." Quel est le moral de Bob et Servane lorsque tu les as à bord? "Oui, ça va, là ils en avaient un petit peu marre ces derniers temps d'avoir le bateau qui tapait les vagues et qui commençait à leur casser les oreilles..." Au dernier relevé, Adecco marchait cap au sud, au 159°, à une vitesse de 11,7 noeuds. Après plus de six jours de course, sa position au large du Portugal était de 39°08'52 N par 13°15' 68' W. |
| 07-11-2003 15:12:31 | "On est trempé depuis Roscoff." - Editeur : Rivacom Pour Adecco "joli bateau rouge" comme le nomme Bob Escoffier, le purgatoire se prolonge. Toujours et encore au près, Bob et Servane attendent avec impatience la bascule de vent qui leur permettra d'ouvrir enfin les voiles. "Vers 19 heures ce soir nous devrions toucher de l'ouest, puis du nord ouest. La première galère s'achèvera alors et nous pourrons descendre au sud, portant. Pour le moment, il n'y a rien à voir, à part des grains et des paquets de mer en pleine g... Le ciel est en morceaux, mais ça commence à s'améliorer. Il est temps, depuis Roscoff, nous sommes trempés, on baigne dans notre jus, ça sent un peu les chaussettes humides à bord. Cette nuit nous avons été dépassés par Antoine Koch (Loire Atlantique), mais nous sommes revenus et naviguons actuellement bord à bord avec lui." A bord, la vie s'organise entre le père et la fille, au fond, pas de changements fondamentaux : "Elle mange du chocolat toute la journée et n'a plus faim quand il s'agit de passer à table. Sinon, elle met le bazar partout et laisse traîner tous ces trucs. Elle m'énerve." Tel un vieux couple, à bord d'Adecco, Servane et Bob progressent trop lentement au goût du papa : "Quand tu penses qu'il y a deux ans, sur cette même transat et sur un petit 50 pieds, au même moment j'étais hospitalisé aux Canaries (deux vertèbres cassées), là, si je devais m'arrêter ce serait à Lisbonne. On n'avance pas." A 14 heures ADECCO était positionné 13ème à 491,9 milles d'Ecover et à 2 milles de Loire Atlantique. |
| 06-11-2003 17:03:30 | Vacation au large du Cap Finistère - Editeur : Rédaction Nous avons joint ce matin à 11 heures GMT Bob qui naviguait par 42° 35' 84 N et 10° 43' 36 W, à une vitesse de 9.9 noeuds. "Oui, je te reçois fort et clair. Bob, comment s'est passée cette nuit ? A toi. Ecoute cette nuit, ça allait, mais depuis le petit jour on a 35 à 40 noeuds et une mer difficile, difficile. Et dixit, Hervé Laurent (ndlr : le routeur), on en a encore comme ça jusqu'à demain matin..." |
| 05-11-2003 11:03:30 | Adecco béni des flots ! - Editeur : Rédaction La dépression que tous voyaient se former sur les fichiers météo a bien accueilli la flotte cette nuit. Enfin, pas toute la flotte... "Grâce" à leur escale à Roscoff, Bob et Servane ont été épargnés par ses rudes conditions de mer. A chaque médaille, son revers ! Ce petit retard de 12h sera peut-être vite rattrapé si les prévisions météo s'avèrent justes. "On a eu une nuit plutôt sympathique avec 20 à 25 noeuds. On a pas eu du tout les même conditions que la tête de course et on espère y échapper..." déclare Bob à la vacation de 10h. Pendant que la tête de la course courbe l'échine, Bob et Servane font route directe sur le Cap Finistère en longeant la Corogne. "Hervé, notre routeur, nous annonce plus de vent pour cet après-midi, mais rien de comparable à ce qui touche les autres. Un vent bref, et remollissant rapidement. En espérant qu'il ne se trompe pas...". Après avoir écouté Bob, les vacations de la nuit des autres concurrents semblent anachroniques. Pour n'en citer qu'un seul, Jean-Pierre Dick sur Virbac, déclarait à la vacation du jour "Il y a énormément de vent en ce moment et cela n’arrête pas de monter. Il y a 40 nœuds établis et l’on attend 50 nœuds. Cela devient très impressionnant, il y a des hurlements dehors, c’est dantesque… Pour le moment c’est plus de la survie que de la régate et l’objectif est de garder le bateau entier. C’est original de faire de la voile dans ces conditions là !". Pour l'heure, la voix de Bob est calme et sereine, mais on sent qu'il redoute également le face à face avec les éléments que connaissent les autres. A 9h ce matin, Adecco naviguait par 44° 41' 84 N et 6° 58' 64 w, à une vitesse de 9 noeuds, cap au 222, à 3888 miles de l'arrivée. Suivi par Loire Atlantique à 40 miles et Tir Groupé à 180 miles, Adecco continue sa progression vers la route des Alyzés. |
| 04-11-2003 12:50:37 | Point météo. - Editeur : Hervé Laurent Pour Bob et Servane, leur arrêt technique à Roscoff les contraint de naviguer dans un système météo différent de la tête de la course, plus au sud près des côtes Espagnoles, à environ 280 miles devant leur étrave. Après une nuit plutôt calme avec des vents de sud-est mollisant à 15 noeuds, Bob et Servane ont navigué ce matin avec du vent de sud légérement plus fort. Pour cet après-midi, le vent tournera au sud-ouest près du cap Finistère, forcissant 30 nœuds demandant un petit contre bord dans le nord du cap. Dans la soirée, le vent forcira avec 25 nœuds de sud à sud-ouest. La nuit prochaine est prévue avec un vent de sud tournant lentement au sud-est avec 25 nœuds en fin de nuit. A 11 heures GMT, Adecco se trouvait en douzième position de la flotte, par 47° 14' 80 N. et 4° 38' 40 W. Sa vitesse instantanée était de 7,5 nœuds, à 4067 miles de l'arrivée. |
| 03-11-2003 23:51:13 | Veille de quart... - Editeur : Rédaction Appel surprise du bord à 22 heures 30 GMT de Servane (23 heures 30 à Paris). "Coucou !... c'est Servane. Tout va super bien. Je voulais juste vous dire qu'on était bien reparti de Roscoff. Un peu dur de tout renvoyer (ndlr. les voiles) mais là c'est reparti. Le vent a un peu molli et c'est nettement moins dur. Rien à voir avec les 30 dernières heures de mer. On en a bavé mais malgré l'arrêt technique de ce matin, nous sommes bien toujours en course, plus que jamais." Et elle continue cette Transat Jacques Vabre, avec le leader Ecover des britanniques Golding et Thompson, en approche des côtes espagnoles. Ce tout nouveau bateau fait des merveilles. Derrière, Virbac, Sill et PRB ont déjà mis cap à l’ouest pour éviter la zone peu fréquentable du cap Finistère où la remontée du plateau continentale est à l’origine d’une mer chaotique. A cela s’ajoute le trafic intense des rails montant et descendant empruntés par des centaines de cargos tous les jours. Cette conversation avec Servane à bord d'Adecco sous un ciel étoilé ne laisse aucun doute sur le moral des troupes. "La houle est moins creusée et la nuit est claire, il ne fait pas trop froid avec cette belle lune. Bob est en train de nous préparer une petite soupe. On va manger ensemble et puis prendre nos quarts, sans doute toutes les 2 heures, histoire de se reposer pendant que le baromètre reste stable. On verra après la soupe, mais je pense que je vais prendre le premier quart de minuit. Nous sommes en train de sortir du Chenal du Four sous grand voile haute (grand voile déployée), entre Ouessant et la pointe de Bretagne." Au dernier relevé, Adecco pointait à 220 miles du leader Ecover. Sa vitesse était alors de 6,8 nœuds. |
| 03-11-2003 11:00:16 | Arrêt technique à Roscoff - Editeur : Rédaction Cette nuit, à 1 heures du matin, Adecco a fait relâche à Roscoff pour réparer une avarie de barre survenue plus tôt dans la journée. Bob n'avait plus de pilote depuis dimanche 12 heures. Les conditions météo n'ont pas permis d'effectuer une inspection complète dans la soute, position insoutenable dans le mauvais temps. C'est seulement dans la soirée vers 22 heures que Bob a détecté l'avarie. "Tout de suite j'ai regardé la carte pour trouver un port en eau profonde car avec 4,50 m de tiran d'eau c'est pas simple. Seul Roscoff pouvait nous accueillir. Et une avarie n'arrivant jamais seule, le moteur n'a pas voulu démarrer. On a donc appelé la SNSM qui est venue nous prendre en remorque pour entrer dans le port. Je dois dire que tout le monde a été d'une gentilesse sans égale". C'est la rotule de la barre de liaison des 2 safrans qui s'est rompue, entrainant la défection des pilotes. Pour le moteur, c'est un faisceau électrique qui s'est débranché. On comprend aisémment que les conditions de mer depuis le départ ont mis Adecco à rude épreuve. "On a une sale mer comme on dit depuis 36 heures. Le bateau tape et c'est fatiguant car on ne peut pas trouver de repos pour dormir. Tout est humide à bord mais bon on est pas les seuls." Coup de chapeau à Xavier Bléjean, préparateur, qui est arrivé de Nantes cette nuit, suivi de l'équipe d'Etoile Marine Croisières venue sur place pour réparer. Tout est rentré dans l'ordre, nos deux skippers vont prendre leur deuxième départ dans l'heure qui suit et même si cela va être dur de recoller à la flotte, tout reste encore à faire. "C'est embêtant de s'arrêter, mais on pouvait pas continuer comme cela. La sécurité prime. Plein de choses peuvent encore se passer, on est qu'au début de la course. On a bien vu depuis samedi que tous les bateaux sont mis à rude épreuve et que l'on est pas les premiers à faire escale. Mais le moral est bon et on repart le mord entre les dents." |
| 02-11-2003 12:44:01 | Une sacrée mer de Manche ! - Editeur : Transat Jacques Vabre Les vingt-deux voiliers partis samedi à 15h00 du Havre en direction de Bahia ont passé une nuit agitée et le vent comme la mer se musclaient progressivement au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de la pointe de la Bretagne. Côté choix stratégique, le bord vers les côtes espagnoles après Ouessant semble quasiment obligatoire en raison de l'arrivée d'une série de dépressions sur l'Europe. Il va falloir tenir encore au moins 24 heures pour la flotte des monocoques et ce, dans des conditions météorologiques assez agitées en raison d'un flux de Sud-Ouest à Ouest dépassant allégrement les 30-35 nœuds avec des rafales à plus de 50 nœuds. Car à la vue des cartes de prévisions météorologiques, l'évolution ne tend pas vers une bascule du vent au Nord-Ouest qui aurait permis à la flotte de faire route directe vers les Canaries. L'arrivée d'une nouvelle dépression mardi au large de l'Irlande va faire retourner le vent au Sud à Sud-Ouest après une brève rotation à l'Ouest lundi. Et incontestablement, le vent et la mer sont moins forts dans le Sud que dans l'Ouest. Logiquement, les monocoques vont piquer vers l'Espagne dès qu'ils auront paré Ouessant, même s'ils doivent « s'engolfer » ce qui n'est jamais une partie de plaisir : le golfe de Gascogne est réputé dangereux par sa configuration de cul-de sac, dès que la brise est orientée au secteur Ouest. Mais cette fois, au fur et à mesure que la flotte prendra du Sud, le vent va « mollir » (c'est à dire atteindre 20-25 nœuds au lieu de 35-40 nœuds dans l'Ouest de Ouessant) et passer lentement au secteur Sud. Les bateaux pourront alors virer de bord au large de La Corogne pour parer le cap Finisterre, pointe que les premiers monocoques de 60 pieds devraient atteindre dans la journée de mardi. Ensuite, c'est encore au près contre un flux de Sud modéré que la flotte devra progresser le long des côtes espagnoles puis portugaises. Ce début de Transat Jacques Vabre est donc placé sous le signe du louvoyage. En attendant, les concurrents ont sensiblement réduit la toile ce dimanche matin puisqu'ils naviguaient au près dans un vent de Sud-Ouest qui basculait doucement au secteur Ouest pour plus de 35 nœuds et une mer très courte, chaotique et forte. PRB (Riou-Beyou) était d'ailleurs le premier à virer de bord pour se rapprocher des côtes françaises dans l'espoir d'affronter des vagues moins abruptes et tenter de passer la pointe bretonne à la bordée. Ecover (Golding-Thompson), Sill (Jourdain-Thomson) et Vribac (Dick-Abiven) qui menaient la flotte, continuaient vers Land's End (pointe à l'extrême Sud-Ouest de l'Angleterre) dans ce vent refusant. Les premiers 60 pieds devraient passer la longitude de Ouessant en fin de journée ce dimanche. Au relevé de 11 heures GMT, Adecco pointait à la onzième place, à 34 miles du premier. |
| 01-11-2003 19:50:08 | Jour de course pour Bob et Servane. - Editeur : Rédaction A 8 heures ce matin, rendez-vous avait été donné à bord d'Adecco pour faire partie des privilégiés présents sur la liste d'embarquement pour vivre le grand jour, au côté de Bob et Servane. Nous sommes huit à bord. Françoise la compagne de Bob, Xavier, Arnaud, Pascal, les trois préparateurs du bateau, Vincent de Rivacom et Valdo de Sail Corporate, votre serviteur. Le long du quai, les supporters de longues dates sont là, les sponsors, les amis, la famille... Mais aussi les journalistes. Le père et sa cadette rencontrent au départ de cette Transat Jacques Vabre un succès inattendu. Les relations avec les médias sont très importantes et beaucoup d'entre nous les ont vus, entendus et lus toute cette semaine dans la presse. Ce matin encore, France Bleu, France 2, Canal Plus... se croisent sur le pont du 60 pieds. Au même moment, Alain Gautier, skipper du trimaran Foncia, passe le long d'Adecco pour échanger quelques mots avec Bob et lui souhaiter bonne chance. Vont-ils prendre le départ dimanche comme prévu ? Rien n'est moins sûr et Alain préfère s'en remettre à la décision du comité de course. A 10 heures 30, Adecco largue les amarres sous les acclamations. Bob et Servane sont aux anges, ravis de tous ses bras levés sur leur passage vers le sas où tous les concurrents se regroupent pour accéder à la pleine mer. Derrière les portes de l'écluse, c'est la Petite Rade où nous passons le milieu de journée à faire des ronds dans l'eau, en attente du départ prévu à 15 heures. Les skippers se croisent, se souhaitent bonne route. Le déjeuner est pris sur le pouce, l'esprit déjà tourné vers le large. Petit à petit, le calme s'installe à bord, chacun à ses pensées. Bob et Servane décompressent avec un petit sommeil réparateur. Les préparateurs veillent, s'attellent aux derniers détails. Puis très vite, tout s'enchaîne. La voilure à envoyer a été décidée. Cela sera 2 ris dans la grand voile et trinquette à l'avant. Le vent est d'environ 20 noeuds, avec une mer formée et 1,5 à 3 mètres de creux. A 14 heures, tous les bateaux ont envoyé leurs voiles, croisent, virent, cherchent à se positionner pour franchir au mieux la ligne de départ mouillée au large du Havre. Des dizaines de bateaux sont présents sur le plan d'eau, les officiels, la Marine Nationale, la SNSM, les bateaux accompagnateurs, sans compter le ballet des hélicoptères pour la retransmission des images. A une 1/2 heure du départ, l'heure des adieux arrive. Nous débarquons sur le semi-rigide, laissant Bob et Servane à leur aventure. Derniers adieux, appel à la prudence... Moments émouvants au milieu des éléments. Puis c'est le décompte sur la VHF du bord : 3 minutes avant le départ, puis une, et enfin les dernières secondes qui s'égrènent : 4, 3, 2, 1, top départ pour la Transat Jacques Vabre. C'est parti, Bob et Servane s'élancent pour 4340 miles. A 19 heures GMT, Adecco pointait en dixième position. |
| 31-10-2003 18:52:40 | Dernier interview à terre - Editeur : Rédaction A 24 heures du départ, Bob nous a accordé une dernière interview à bord d'Etoile Molène, dundee thonier de la flotte Etoile Marine Croisières. "Je me sens bien, plutôt zen. Étonnamment, je n'ai pas de pression. Le bateau est prêt, Arnaud, Xavier et Pascal, les 3 préparateurs d'Adecco, ont fait du super boulot. Oui, je peux dire que je suis serein et détendu." Bob est un marin professionnel et la Transat Jacques Vabre fait de lui un coureur professionnel. Deux métiers différents ? "Oui et non, puisque la Normandie n'est pas loin ! Je suis dans la catégorie des amateurs éclairés. C'est vrai que ces 30 dernières années, le monde de la voile a évolué, et encore plus celui de la course. Je me souviens dans les années 70, on voyait encore des gars qui coupaient du contreplaqué la veille d'un départ. Aujourd'hui, c'est évident que la course au large c'est professionnalisée. Il y a des écuries, des sponsors... On peut le regretter mais je crois que les organisateurs ne doivent pas oublier le côté aventure, même si le but est de courir et donc d'avoir un vainqueur." A 54 ans, on peut se demander quelles sont les motivations d'un homme de participer à une telle course. "Moi, je ne sais pas vivre sans projet. Des fois je restaure des vieux gréements, à côté de cela je peux construire un maxi catamaran comme en ce moment pour le charter et puis je fais des courses. Pour bien aller dans ma tête, j'ai besoin d'avancer. Ca me motive. Et en plus, cela m'évite de me laisser aller, de prendre de l'embonpoint !" En partant avec Servane, Bob embellit son aventure, et la rend différente. "En fait, avec le recul, on se rend compte qu'avec les vies professionnelles que l'on a, très remplies, on s'apperçoit qu'on délaisse un peu les enfants. On ne les voit pas grandir. A 22 ans, ça fuit à vitesse grand V. Donc quelque part, j'attends de vivre une belle aventure à deux, non pas pour rattraper le temps perdu, mais pour vivre ensemble une belle transatlantique, dans un environnement qui nous est commun, peut-être même fusionnel !". L'appel de la mer, une légende ? "J'adore les bateaux, mais c'est avant tout pour être sur l'eau. Pour moi, la mer est un des derniers espaces de liberté, sans doute comme à la montagne où dans le désert que je ne connais pas. On est pas fiché, pas surveillé, pas contrôlé... Là, on est responsable de son bateau, de son équipage, de sa vie. Donc on ne triche pas." Demain à 15 heures, Bob aura le sentiment du travail bien fait. Partir au large, dans son élément, avec sa fille, n'est ce pas déjà une récompense... Bon vent ! |
| 30-10-2003 19:34:09 | Fromage ou dessert ? - Editeur : Rédaction A 48 heures du départ, la préparation du bateau touche à sa fin. A sa faim devrions-nous dire ! Cet après-midi, Bob et Servane ont ravitaillé, ou si vous préférez ils se sont occupés des vivres à bord, car on ne part pas pour une transatlantique sans biscuits. Poulet sauce morilles, porc farci, bœuf bourguignon... Voici un apperçu des menus que Françoise a préparé pour nos deux skippers. La cerise sur le gateau, c'est qu'ils n'auront même pas à cuisiner ces petits plats, cuits au préalable et conçus pour être réchauffés au bain marie. On déguste directement dans le sac, cela évite en plus la vaisselle. Le tout accompagné d'un peu de fromage, mais pas de dessert pour des raisons de conservation. Et la boisson ? Et bien figurez-vous que contrairement aux apparences, seulement 70 litres d'eau ont été embarqués et un peu de soda pour Servane. Deux entorses à la règle, les bonbons et une bouteille de vin. Les uns après un bon cigare, Bob en est friand, l'autre pour le passage de l'équateur. Un dernier détail qui montre l'engagement de Bob et Servane sur la course : ils n'ont prévu que 20 jours de nourriture, histoire d'arriver plus vite à Salvador de Bahia. Record à battre ? |
| 30-10-2003 15:27:00 | Le doyen et la benjamine... - Editeur : Rédaction Ce matin, heureuse rencontre à bord d'Adecco entre le canadien Mick Birch, le doyen de la course qui fêtera ses 72 ans le jour du départ et Servane, la benjamine avec ses 22 ans. On ne présente plus Mike qui depuis sa première victoire dans la première édition de la Route du Rhum en 1978, a participé à toutes les éditions de cette course. Même si le palmares de Servane n'est pas (encore...) aussi étoffé, Mike a écouté avec attention Servane lui présenter les modifications apportées à son bateau, vainqueur de la Jacques Vabre en 1995, rappelons-le. Très vite la conversation a tourné autour de la course, mais le sujet "famille" les a aussi réuni ! En effet, Mike embarque sur cette Transat Jacques Vabre avec Robert, son fils de 30 ans. Une deuxième bonne raison de se rencontrer et de faire plus ample connaissance. Un rêve pour Servane ? "Mike c'est une légende vivante de la voile. Pour moi c'est un mythe et si il y a 6 mois on m'avait dit que je serais là aujourd'hui à discuter avec lui, je l'aurais pas cru !". Mike arbore un large sourire car il y a encore 24 heures il était à la recherche d'un partenaire pour boucler son budget. "Ca va mieux, j'ai presque toute la somme pour partir serein. Il y a des gens formidables qui m'aident encore malgrè mon vieil âge !" nous a dit Mike dans son franglais sur le ton de la plaisanterie. Cette rencontre n'est pas passée inaperçue. Armés de leurs appareils photos, les photographes ont immortalisé ce moment. Servane s'eclipse quelques instants pour savourer cet instant privilégié. Mais très vite, les obligations s'imposent, Bob l'attend pour répondre aux questions de France 3 présent à bord... La régate médiatique continue ! |
| 29-10-2003 19:03:37 | Forces en présence chez les monos 60 pieds. - Editeur : Transat Jacques Vabre A moins de trois jours du départ des monocoques, le rythme est monté d’un cran autour du bassin Paul-Vatine. L’arrivée prévue d’une forte dépression pour le week-end alimente toutes les conversations. Avec 17 bateaux au départ, soit cinq de plus qu’en 2001, la classe IMOCA représente la plus importante flotte de cette sixième Transat Jacques Vabre. Vainqueur en 2001, Roland Jourdain (Sill) repart une dernière fois à bord de son fidèle plan Lombard, vendu récemment à son co-équipier Alex Thomson. Dans cette catégorie, tous les regards seront tournés vers les deux nouveaux monocoques qui participent à leur première course au large. Virbac, le premier 60 pieds mono dessiné par le cabinet de Bruce Farr pour Jean-Pierre Dick fait déjà l’objet de toutes les attentions. Un peu plus loin, Ecover, le dernier né des 60 pieds monos, présente des faux airs de Pindar (Emma Richards et Mike Sanderson) et de Team Cowes (Nick Moloney et Sam Davies), ses deux aînés au sein du cabinet d’architectes d’Owen Clarke. Pour Mike Golding et Brian Thomson, co-skippers d’Ecover, le rodage du 60 pieds sera de courte durée. Dès le soir du départ, ils pourraient bien tirer des bords par 40 nœuds de vent avec une mer formée. Difficile de mettre en avant un équipage plus qu’un autre dans cette catégorie où la concurrence sera rude. Bernard Stamm et Christophe Lebas (Cheminées Poujoulat/Armor Lux) n’ont pas l’habitude de lever le pied. Après une cure d’amaigrissement l’hiver dernier, VMI, le 60 pieds de Sébastien Josse et Isabelle Autissier, sera pour sa part un client redoutable dans les alizés. Avec sept bateaux au départ, le Groupe Finot reste une nouvelle fois le cabinet d’architecte le plus représenté : VMI, PRB (Vincent Riou et Jérémie Beyou), Arcelor-Dunkerque (Joé Seeten et Eric Dumont), Garnier (Patrick de Radiguès et Elie Canivenc), Carrefour Prévention (Dominique Wavre et Michèle Paret), Objectif 3 (Charles Hedrich et Javier Sanso) et Loire-Atlantique (Antoine Koch et François Robert) ont tous été construits entre 97 et 2000 et sont réputés pour être puissants et véloces. Plus dure sera la tâche pour les quatre "anciens", tous construits entre 89 et 92. Malgré des palmarès souvent étoffés, Gonnagitcha (Birch père et fils), Adecco (Escoffier père et fille), 60e Sud (Munduteguy/Odriozola) et Ciment St Laurent Océan (Leblanc/Nadeau) auront fort à faire pour rivaliser avec les monocoques 60 pieds de dernière génération. |
| 28-10-2003 19:13:29 | Le troisième homme... virtuel ? - Editeur : Rédaction Bob et Servane embarquent Hervé Laurent, coureur professionnel de 46 ans. Un clandestin à bord d'Adecco ? Non, tout simplement le routeur officiel du 60 pieds. Sa mission ? Conseiller les Escoffier tout au long de la course, et ce depuis la terre. Bien plus qu'un simple météorologue, Hervé est un habitué des grandes courses au large depuis plus de 25 ans, doté d'un palmarès long comme le bras : vainqueur de la Transat AG2R, troisième du Vendée Globe 96, second de la Quebec-Saint-Malo... Il est avant tout un marin qui a très vite compris l'importance de la tactique à bord. "Dès le début de ma carrière, je me suis dit que n'ayant pas le meilleur bateau sur une course, je pouvais compenser ce déficit par une approche plus poussée de la météo et donc de la tactique. C'est comme cela que petit à petit je suis devenu routeur, mais un routeur navigant". Cette double casquette est un atout précieux pour Bob et Servane, Hervé a la faculté de raisonner en homme de mer. "Les routeurs sont avant tout des météorologues. Moi, en tant que navigateur solitaire, je connais toutes les contraintes du bord. Je peux gérer le sommeil du skipper, son énergie. J'arrive à sentir si je peux lui demander d'attaquer ou non, en fonction du potentiel et de la fatigue." Fort de son expérience, Hervé souligne la différence de parcours non négligeable entre la Transat Jacques Vabre et les autres transats. "C'est une course un peu à part car contrairement au Rhum, on descend plus sud. On a toujours la sortie de la Manche et la descente du golfe de Gascogne qui à cette époque se font plutôt au près, un atout pour Adecco, très bon bateau de près. Au niveau du Portugal, on attrape vite les alizés et au portant c'est la vitesse qui compte. Ensuite il y a les incertitudes du pot au noir, un endroit qui peut stopper net un bateau, comme le laisser passer. Là c'est plus le facteur chance qui entre en jeu car nos modèles de calculs ont du mal à maîtriser les phénomènes locaux alternant grains et pétole." Le regard du routeur sur l'équipage est confiant et serein : "Servane a la fougue de la jeunesse et elle est motivée à bloc. Bob est un vrai marin, qui sent les choses. C'est un homme qui a depuis longtemps appris que la mer est toujours la plus forte. Il sait se gérer. En plus Bob et Servane se connaissent très bien, et pour cause..." A J -4 du départ, le trio dégage un sentiment de sérénité, gage de réussite. |
| 27-10-2003 18:31:47 | Ne rien laisser au hasard... - Editeur : Rédaction Tandis que les premières prévisions météorologiques annoncent le passage d’une forte dépression pour le week-end du départ, le calme règne à bord des 37 voiliers déjà amarrés le long des quais du bassin Paul Vatine. Bob et Servane n'échappent pas à la règle à bord d'Adecco où l'ambiance est plutôt studieuse. "On est enfermé dans le bateau, en train de préparer nos petites affaires. On range, on cale, on optimise les rangements. Servane se familiarise avec les nouveaux fichiers météo car nous avons la chance d'avoir Hervé Laurent comme routeur. C'est lui qui m'a déjà routé sur la dernière Route du Rhum et c'est un bon ! Si certains d'entre vous ne le connaissent pas, Hervé c'est quand même le vainqueur de la Transat AG2R 2002. Il a couru les plus grandes courses au large, comme le Vendée Globe Challenge en 1996, la Route du Rhum, la Québec Saint-Malo, etc. Autant vous dire que l'on est bien armé de ce côté là !". Samedi prochain à 15h00, les 22 monocoques de 50 et 60 pieds s’élanceront pour environ trois semaines de course. Le parcours en route directe jusqu’à Salvador de Bahia est de 4340 milles. Roland Jourdain et Gaël Le Cléac’h sur Sill Plein Fruit, vainqueurs de la dernière édition en monocoque 60 pieds, étaient arrivés au Brésil après 16 jours 13 heures 23 minutes 41 secondes, soit une moyenne de 10,92 nœuds. Avis aux amateurs. |
| 26-10-2003 11:03:11 | Premières impressions au Havre. - Editeur : Rédaction Arrivés hier de Saint-Malo, Bob et Servane ont installé leur PC course pour la semaine à venir sur Etoile Molène, quai de Marseille. Ils ont retrouvé Adecco dans le bassin Paul Vatine avec à son bord les fidèles préparateurs, Xavier et Arnaud. Hervé Gillet d'Etoile Marine Croisières est aussi là, venu prêter main forte pour paramétrer les moyens de télécommunications du bord. Nous vous en reparlerons... A J -7 du départ, le bateau est prêt. La semaine s'annonce studieuse, avec briefing skippers, rendez-vous médias, soirées, club de la presse... Une grande première pour Servane : "Là j'y suis. J'ai coupé avec l'école, et je n'ai plus qu'un neurone, pour la Jacques Vabre ! Je suis entré dans ma bulle et la semaine qui vient va m'aider à me préparer." Car cette année, l'organisateur de la Transat Jacques Vabre, la société Penduick dirigée par Gérard Petipas, a fait les choses en grand, avec retransmission des départs sur TF1, partenariats avec France Infos et France Inter, chroniques quotidiennes et points course jusqu'à Salvadort de Bahia... "Les marins présents sont les meilleurs qui soient dans les courses océaniques. Et tous les seconds sont des premiers" a-t-il affirmé lors de l'ouverture officielle du Village de la Transat Jacques Vabre. L'occasion également de confier ses sentiments à l'approche du départ : "les skippers qui sont ici ont fait leur preuve. Il va maintenant falloir gérer le matériel pour faire les 6000 milles et finir la course qui est très longue. Faire un pronostic est très difficile. Je suis sûr d'une seule chose : on va assister à une magnifique bagarre". Mais cette Transat Jacques Vabre est déjà consacrée par la seule présence de tous les skippers de la course au large, avec ses stars et ses anonymes. Servane n'est pas avare de compliments : "c'est beau tous ces bateaux à quai dans l'attente du départ. J'entends au loin la musique brésilienne. C'est sûr il manque quelques degrés, mais bon, là c'est tout simplement super." |
| 22-10-2003 10:17:50 | Bob et Servane appareillent pour Le Havre... - Editeur : Rédaction Depuis hier, les BMS (Bulletin Météo Spécial) se succèdent, annonçant pour les prochaines 48 heures un avis de grand frais, avec un vent de secteur Sud à Sud-Est. C'est dans ces conditions que Bob a décidé d'avancer de 24 heures le convoyage d'Adecco pour rallier Le Havre. A 20 heures hier soir, Adecco a donc appareillé de Saint-Malo, avec à son bord Bob, Servane, Xavier Bléjean, préparateur et Pierre Huon, propriétaire du bateau. A 10h00 ce matin les nouvelles à bord d'Adecco sont bonnes. Bob et son équipage font route directe sur Le Havre, avec une arrivée prévue à quai à 14 heures. "La nuit a été plutôt fraîche mais belle, avec un vent de 25 nœuds qui d'ailleurs se renforce depuis le lever du jour. Adecco marche en ce moment sous grand voile avec 2 ris et solent à l'avant. On est à 10 nœuds à 30, 35 degrés du vent. Sur le plan technique, RAS, tout fonctionne bien à bord." Servane n'est pas en reste sur cette navigation libératrice : "c'est super d'être en mer, après tout ce gros travail des 3 derniers mois, on se met petit à petit dans la course. J'ai dormi un peu plus que les autres cette nuit car j'arrive tout juste de Plymouth et j'avais un peu de retard de sommeil. Avec Xavier on a pu enchaîner pas mal de manœuvres et se caler sur les réglages pour bien trouver nos marques." A une heure de navigation derrière Adecco, Etoile Filante, catamaran de 60 pieds de la flotte de Bob, se rend également au Havre pour le départ. Etoile Molène et Etoile des Iles suivront en fin de semaine pour accueillir les invités des partenaires du team Bob Escoffier. |
| 16-10-2003 08:43:00 | Les hommes de l'ombre - Editeur : Rédaction Dans une course transatlantique comme la Jacques Vabre, l'équipage est à l'honneur. Bien souvent on ne soupçonne pas le travail réalisé en amont sur le bateau, pourtant il en va de la vie de l'équipage et de ses performances. Adecco n'a pas échappé à la règle et pour admirer ses lignes dans le bassin, il a fallu revoir bon nombre de points. C'est le chantier V1D2 dirigé par Marc Lefebvre qui s'est chargé de cette mission. Au menu, renfort de varangues, circuit électrique, gréement... une révision complète du 60 pieds avant le grand départ. "Voilà plus de 20 ans que je travaille comme préparateur sur des bateaux de toutes sortes. Je suis fier d'avoir à mon actif 2 victoires dans le Vendée Globe et le BOC aux côtés d'Alain Gautier et de Christophe Auguin" aime à rappeler Marc. "Il y a 4 ans, j'ai pris la décision de créer une infra-structure dédiée à la préparation. Je sais combien il est difficile de concilier professionnalisme et budget. Mais avant tout, la relation humaine est essentielle à mes yeux. J'ai plaisir à travailler avec de grands skippers comme Ellen Mac Arthur, Bernard Stamm, Mike Golding, Philippe Monnet, Marc Turner et bien d'autres encore, sans oublier Bob Escoffier bien sûr avec qui c'était une première". De retour à Saint-Malo, Adecco est maintenant au main de Xavier Bléjean, le préparateur d'Adecco. "Après le travail de fond, place aux finitions ! Démontage, graissage des winches, remplacement de drisses, matelotage, étalonnage des pilotes... Sans oublier les nombreuses sorties en mer pour valider tous ces menus travaux qui fiabilisent le bateau. En un mot, faire de mon mieux pour permettre à Bob et Servane de s'aligner sereinement sur la ligne de départ le 1° novembre." De toute évidence, des hommes à sortir de l'ombre ! |
| 12-10-2003 14:58:04 | Adecco, béni et paré ! - Editeur : Rivacom Bob est un homme heureux. Entouré de sa famille, de ses partenaires et de ses amis, le Malouin d'adoption arborait un sourire radieux lors de la bénédiction de son tout nouveau et premier 60 pieds : Adecco. Le rouge, c'est la couleur de la fête avant d'être celle de la victoire et si le duo Escoffier ne rêve pas du podium sur la Transat Jacques Vabre, il se réjouit de participer à la course en jouant enfin dans la cour des grands. Bob est un homme doué d'une convivialité et d¹une capacité à rassembler hors du commun. Pour preuve, la cérémonie d'hier matin qui, malgré la grisaille s'est déroulée dans une ambiance joyeuse et sympathique en présence de nombreux invités. Adecco a pour marraine Laurence Delsaut. L'épouse du directeur marketing vente France Adecco suit depuis longtemps et avec enthousiasme les aventures véliques de Bob. Quant à son parrain, Lionel Chamouleau, il est rédacteur en chef adjoint aux sports, à France 2 et s'est, lui aussi, laissé séduire par le charisme du skipper. Pour Servane, cette bénédiction était le prélude à la réalisation de son rêve d'enfant : partir naviguer au large, seule, avec son père. Ils ont dit : Bob : "Lorsque j'ai eu le bateau et le soutien d'Adecco, Servane m'a appelé et m'a dit qu'elle avait tout arrangé avec son école et son directeur de stage et qu'elle aimerait bien, si j'étais d'accord, partir avec moi. J'ai dit banco tout de suite." Servane : "Je suis très émue aujourd'hui et heureuse de partir dans quelques semaines. J'espère être à la hauteur de la confiance que nos sponsors, nos amis et notre équipe m'accorde." Lionel Chamouleau (parrain du bateau) : "C¹est l'un des rares sports où un père et sa fille peuvent courir ensemble. C'est la première fois que je parraine un bateau et j'en suis très honoré. C'est avec un regard attentif que je suivrai la progression de Bob et Servane." Jacques Delsaut (Directeur Marketing Ventes chez Adecco France) : "Adecco est très impliqué dans le monde du sport en France, à travers le basket professionnel, le tennis et la Coupe Davis et dans les régions. Mais c'est aussi un long partenariat dans la voile commencé il y a 10 ans avec Bob Escoffier. Soyez sûrs que les 137 000 intérimaires et 5 000 collaborateurs seront à vos côtés durant cette aventure." |
| 10-10-2003 19:03:00 | Un anniversaire haut en couleurs ! - Editeur : Transat Jacques Vabre Hier soir au Latina Café sur les Champs Elysées se tenait la conférence de presse de la Transat Jacques Vabre 2003. Pour lancer cette sixième édition et fêter le dixième anniversaire de la course, près de 600 personnes, journalistes, équipages, sponsors et amis ont répondu présents à l'invitation donnée par l'organisation pour une soirée aux couleurs brésiliennes. Berceau de la semaine d'animations précédent la course, le Bassin Paul Vatine au Havre accueillera dès le samedi 25 octobre les 41 bateaux de la flotte. Bien loin de s'en lasser, Antoine Rufenacht, Maire du Havre, qui a vécu toutes les courses, est heureux que sa ville soit de nouveau le point de départ du parcours : "Je me réjouis toujours que vous ayez choisi le Havre comme ville de départ" a-t-il adressé à l'organisation. Côté Jacques Vabre, Bruno Luisetti, Président Directeur Général de Kraft Foods France, a tenu à rappeler l'adéquation entre les valeurs que prône sa marque et celles que véhicule la voile. Ce fut aussi l'occasion pour lui de rendre hommage à ceux qui font de cette course un événement incontournable. "Il est important de rester humble. Le succès de la Transat, nous le devons au plateau, aux armateurs et aux partenaires sans qui nous ne serions pas là" a-t-il déclaré avant de reconnaître avec un sourire de satisfaction "mais nous nous félicitons vraiment de nos choix". Même son de cloche du côté de nos hôtes brésiliens représentés par José Raimondo Zacarias, Président du Cenab. "Cette course est très importante dans nos projets sociaux. Nous sommes heureux d'accueillir tant de marins et nous vous offrirons à tous l'esprit festif de Bahia ! » a-t-il lancé aux journalistes, skippers et invités présents. Dès lors le ton était donné et la conférence a pris des allures joviales, ce qui n'était pas pour déplaire à Gérard Petipas, Président de Pen Duick. Aux côtés de ses partenaires devenus amis au fil des courses et sous le regard attentifs des marins, le président de Pen Duick a expliqué en quoi le succès de la course le rendait fier. Avec 41 partants contre 13 en 1993, la course n'a pas seulement pris de l'envergure, elle s'est aussi fortement ouverte sur le monde. La présence de marins de 11 nationalités différentes en est la preuve. Le sport qu'il défend depuis dès années a peu à peu trouvé sa légitimité, prenant un tournant décisif ces cinq dernières années. "Je rêvais que la course au large soit reconnue autant comme discipline que comme aventure humaine. Nous y sommes arrivés" a-t-il raconté avant de préciser "Notre grand sport est enfin reconnu comme tel". |
| 02-10-2003 18:08:08 | Du carbone dans les voiles ... - Editeur : Rédaction Parallèlement à la mise en chantier d'Adecco chez V1D2 pour des renforts de varangues le mois dernier, Bob s'est penché sur son jeu de voiles hors du temps : courir sur un 60 pieds Open c'est super, mais courir sans un bon moteur c'est nul ! Alors, kevlar ou carbone... Gréement 7/8 ou en tête ? A ces questions essentielles, Bob a très vite associé Eric Varin de la Voilerie Granvillaise qui avait déjà travaillé sur les gréements d'Etoile Polaire et d'Etoile Filante, deux des bateaux de la flotte d'Etoile Marine Croisières. De plus, cette entreprise familiale a été un des précurseurs dans l'utilisation du carbone en France. Le cahier des charges était simple : donner plus de puissance au bateau, tout en restant contrôlable par Bob et Servane. Bien que 20% plus cher que le kevlar, le carbone a des arguments à faire valoir : il est insensible aux ultra-violets, permet un gain de poids dans les hauts, vieillit bien et garde ses formes. "Lorsque Bob adhère à votre projet, vous avez carte blanche. Il n'y a pas de remise en cause des choix. C'est carré et travailler avec lui est un gage de confiance" aime à rappeler Eric Varin. Le résultat : un superbe jeu de voiles noires, avec 146 m2 de grand voile, 94 m2 de génois, sans oublier un superbe asymétrique rouge de 265 m2. Attention les yeux ! |
| 30-09-2003 10:01:08 | God bless you ! - Editeur : Adecco Samedi 11 octobre, au Yacht Club de Saint-Malo, aura lieu la bénédiction du nouveau voilier de Bob en présence de Lionel Chamouleau, le parrain du voilier, et de Laurence Delsaut, la marraine. Le 60 pieds Adecco sera à l'honneur en compagnie de Bob, Servane et de tous leurs invités. Nul doute qu'à un mois du départ, la bouteille frappée aura le goût du travail bien fait : nouveau jeu de voile carbone, nouveau gréement, nouveau visuel et nouvel équipage ! |
| 01-09-2003 19:02:03 | Bon pour le service ! - Editeur : Sailcorporate Bob et Servane viennent de boucler leur qualification à bord d'Adecco, du 13 au 17 août derniers. Partis de Saint-Malo, cette première navigation en double leur aura permis de découvrir leur nouveau bateau, rencontrant toutes les conditions météo, de la pétole au coup de vent. Malgré un jeu de voiles fatigué, 1280 miles ont été avalés en un peu plus de 5 jours. A la demande de Sylvie Viant du Comité de course, les îles Scilly ont été laissées sur bâbord. Ils ont ensuite été virés un point à 380 miles dans l'ouest de Bordeaux, avant de remonter le long du littoral atlantique pour rentrer sur Saint-Malo. Le bateau se trouve maintenant à Caen au chantier V1D2 pour quelques réparations mineures et vérifier l'ensemble des appendices. En attendant le départ du Havre le 1er novembre, les entraînements, la préparation physique, l optimisation du bateau... continuent pour le duo Bob et Servane. |
| 28-07-2003 10:00:03 | Tel père, telle fille ! - Editeur : Rédaction Servane Escoffier, 22 ans, prendra le départ de la transat Jacques Vabre au côté de son père, Bob Escoffier skipper du 60 pieds Adecco. Tel père,telle fille diront certains. Et comment ! Alors que Bob développe sa société Etoile Marine Croisières et exerce son métier de skipper professionnel à Saint-Malo depuis 1989, Servane, la cadette de ses deux filles, a tout naturellement attrapé le virus de la mer, naviguant dès son plus jeune âge sur tout ce qui flotte. Née le 8 avril 1981, elle est étudiante en école supérieure de commerce "Bachelor La Rochelle". Célibataire, elle a déjà effectué quatre saisons en class 8 et Bénéteau 25 au plus haut niveau. Equipière de choc, elle a à son actif deux Tour de France à la Voile sur Mumm 30 en tant que numéro un. Elle navigue aussi sur des maxis, mono et multicoques ! Lorsque l'on connaît la vivacité et l'engagement physique d'un 60 pieds Open, son père est confiant sur ses capacités d'embarquement à bord de cette formule 1 des mers. |
| 14-07-2003 18:00:00 | Un nouveau bateau pour la Jacques Vabre ... - Editeur : Rédaction Bob Escoffier prendra le départ de la prochaine transat Jacques Vabre à bord du 60 pieds Open Adecco, ex-Fuji 3 de Loick Peyron et Aigle de Jean Maurel. Ce plan Bouvet-Petit a été entre de très bonnes mains ! Loick Peyron tout d'abord, puis Jean Maurel. Bob Escoffier a ré-armé ce 60 pieds ancienne génération pour courir la prochaine transat Jacques Vabre. Comme les bateaux précédents, le nouvel Adecco est rouge. "Il a de très bons restes... On va pouvoir vite s'en rendre compte lors du parcours de qualification en double que je compte réaliser fin août pour la Jacques Vabre. Je travaille par ailleurs sur la confection d'une nouvelle garde robe. Peut-être même en carbone. Pour descendre au Brésil il faut au moins ça !" |